Passion 💖 Musiques 🎶 Loisirs
13 Août 2026
FRANCE
À
la Chapelle du Verbe incarné, rue des Lices, j’avais assisté, le vendredi 3 juillet, à la présentation de la programmation de la 29e édition du TOMA#26 par Greg Germain et Marie-Pierre Bousquet, responsables du lieu.
Cette année encore, je me suis laissée attirer et capter par ces compagnies venues des territoires d’Outremer, nous présenter des créations qui ne manquent pas de me plaire, les unes autant que les autres. Je savais que je ne pourrais pas assister à toutes. Je m’imposais donc d’en sélectionner au moins trois ! Mais lesquelles ?
Pour me faciliter la tâche, j’ai choisi d’opter pour le #PASSTOMA, qui permet, pour 30 €, d’assister, sur réservation, à l’ensemble des spectacles et événements. Fini ainsi le tracas de la sélection : il ne restait plus qu’à trouver le jour. Compliqué, bien sûr, compte tenu d’un programme chargé, mais finalement plus simple aussi.
Le TOMA#26 se déroulait du 4 au 23 juillet, avec relâche les 10 et 17 juillet, et trois spectacles proposés seulement durant quelques jours :
À 11h :
Sept autres spectacles étaient proposés du 4 au 23 juillet :
À 12h35 : Un animal sauvage peut croiser votre route, du Collectif Lookatmekid (La Réunion)
À 14h20, en alternance, par le Centre dramatique Kokolampoe, Cie KS and Co (Guyane) :
À 15h55 : L’Enfant de l’Arbre, théâtre jeune public par la Compagnie Lé LA (La Réunion)
À 17h35 : Sens la foudre sous ma peau, par la Compagnie Baba Sifon (La Réunion)
À 19h25 : Descendante de Combattantes, danse-théâtre par la Compagnie Tatiana Seguin (Martinique)
À 20h45 : Barrage, théâtre par la Compagnie Exil (Nouvelle-Calédonie)
Ce sont donc les trois spectacles de 15h55 à 20h45 que j’ai choisis, davantage par disponibilités calendaires que par véritable choix. Aucun ne m’a déçue. Je dirais même que la qualité des trois, tant dans les textes que dans l’interprétation, la mise en scène, les musiques, les sons et les lumières, sans oublier les émotions transmises, m’a fortement impressionnée. Je l’avais pressenti lors de leur présentation le 3 juillet et n’ai, en aucun cas, été déçue.
L’Enfant de l’Arbre, c’est d’abord une longue file d’attente sous les rayons particulièrement ardents du soleil cette année, puis une salle pleine d’enfants et d’adultes venus assister à une pièce de théâtre envoûtante, susceptible d’impressionner quelques-uns des plus jeunes, bravement installés, s’ils le souhaitent, indépendamment de leurs parents, sur les premiers rangs.
Car tout ne serait que beauté dans ce spectacle si l’arbre n’était amené, par l’histoire, à exprimer sa souffrance en se desséchant par manque d’eau. C’est de cette eau que l’Enfant, vivant en symbiose à son pied, va partir en quête, afin de sauver « son » Arbre.
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Il découvrira au cours de ses recherches que cet élément naturel, à la base et nécessaire à tout être vivant, est passé entre les mains de quelques puissances humaines et surnaturelles, auxquelles il devra échapper pour parvenir à l’acquérir et à le rapporter.
L’Enfant de l’Arbre est conçu comme une fable et une quête initiatique, porteuses de messages à portée philosophique, éducative, environnementale… La mise en scène est finement et ingénieusement étudiée, l’Enfant formidablement interprété. Les deux personnages hauts en couleurs qui jalonnent son parcours sont d’une justesse touchante ou percutante selon les situations, toujours empreinte d’humour ou de dérision.
Une réalisation d’une qualité irréprochable, qui justifie sa programmation deux années successives sur cette même scène.
Même si le lieu où se situe la pièce est essentiellement un lycée marseillais, nous sommes instinctivement ramenés vers cette île par la comédienne Catherine Varleguet, professeure de français et d’origine réunionnaise, mais aussi par l’histoire elle-même.
Une île où, dans tous les paysages, sourd une force volcanique contenue lorsqu’elle n’explose pas ; où les habitants, venus d’horizons multiples, révèlent plus ou moins leurs origines, leurs histoires de famille, les violences parfois subies et enfouies plus ou moins profondément, leurs caractères finalement à l’image de cette terre qu’ils habitent.
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Ici se confrontent un passé empreint de colonisation, des rapports plus ou moins aisés entre enseignants et élèves, entre adolescents, entre mère et enfant… C’est fort, puissant, bruissant de choses vécues et non dites, de cette soumission engrangée depuis des générations par l’esclavage et l’éducation, de l’importance et de la nécessité de la transmission.
Et, à l’opposé, c’est humain et tendre, compatissant et émouvant, une ode à l’ouverture aux autres, à l’échange, au désir, en un mot à la vie et à l’amour.
De quoi ressortir riche de tout ce qui a été partagé durant les 80 minutes de la pièce.
Sens la foudre sous ma peau a reçu le Prix Momix 2026 et fait partie de la Sélection 2025 du Fonds SACD Théâtre.
La danse comme moyen d’expression, associée à la parole, est sans aucun doute, artistiquement, l’assurance de toucher profondément un public désireux de recevoir un maximum d’émotions en un seul spectacle.
Ainsi en va-t-il du théâtre chorégraphié, ou de la chorégraphie théâtralisée, selon ce qui nous touche en premier, de la Martiniquaise Tatiana Seguin.
D’après l’œuvre d’Audrey Célestine, Des vies de combat, l’autrice, metteuse en scène, chorégraphe et interprète parvient à construire un temps fort, empreint de beauté et d’émotions, mettant à l’honneur la Femme Noire à travers des portraits saisissants de figures féminines qui auront marqué leur époque par leurs parcours singuliers : Rosa Parks, Angela Davis…
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C’est par le récit de sa propre vie qu’elle commence, créant ainsi un lien entre ces Femmes remarquables par leur engagement et elle-même. Les danses qui ponctuent les différents chapitres consacrés aux héroïnes sont évidemment empreintes de ses origines métissées, mais elles sont aussi le fil conducteur de son parcours de danseuse dans toute sa diversité, le jazz en particulier.
Les musiques et les chants choisis pour l’accompagner sont tous aussi sublimes les uns que les autres. L’ensemble nous emporte, en beauté et en tendresse absolue, vers un monde où seules les valeurs humaines ont du sens.
Un spectacle d’une profondeur inouïe, magnifique, dont on ressort empreint d’une émotion intense.
La haute valeur artistique du spectacle présenté reflète le parcours de l’interprète, diplômée du Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris et de l’Alvin Ailey School de New York.
J’aurais sans aucun doute pu parler avec la même fougue et la même admiration des autres spectacles proposés, si je les avais vus. Peut-être certains d’entre eux seront-ils reprogrammés en 2027, m’accordant ainsi une seconde chance d’y assister…
Chaque année durant le Festival Off, passez par la Chapelle du Verbe incarné et le TOMA#26 pour vous évader. L’univers ultramarin est ici à votre portée. Laissez-vous capter, ne le laissez pas passer sans l’aborder, dans la mesure du possible.
Par ailleurs, la Chapelle du Verbe incarné devient la Maison des Archipels, pour une programmation à l’année destinée à faire résonner plus encore les cultures des départements et territoires d’Outremer.
Pour en savoir plus, participer à leurs actions et/ou manifester votre soutien : info@verbeincarne.fr
Puisse un tel succès assurer à l'Association le maintien de son financement et ainsi un bel avenir.
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Théâtre de la Chapelle du Verbe incarné • rue des Lices • 84000 AVIGNON