Passion 💖 Musiques 🎶 Loisirs
11 Juillet 2026
FRANCE
L
'histoire vraie de Noëlla Rouget, cette déportée qui demanda la grâce de son bourreau.
C'est aussi l'histoire de toutes celles et ceux qui, durant la Seconde Guerre mondiale, choisirent de résister.
Comme le disait Jean Moulin : « La Résistance n'est pas un choix héroïque. C'est un refus ordinaire face à l'inacceptable. »
Cette phrase résume à elle seule ce que fut Noëlla Rouget. Si je devais y ajouter un mot, ce serait le courage.
La Résistance n'a pas été l'affaire de surhommes ou de sur-femmes. Elle fut celle de femmes et d'hommes ordinaires qui, un jour, ont simplement dit non. Non à l'occupation, non à l'oppression, décidant de lutter pour leur liberté et celle de la France. Les femmes représentaient d'ailleurs entre 15 et 20 % des résistants en France et environ 15 % des déportés politiques vers les camps nazis.
Qu'aurions-nous fait à sa place ? retrace le destin de Noëlla Rouget, jeune Angevine engagée dans la Résistance. Arrêtée sur dénonciation en 1943, elle subit les interrogatoires, l'emprisonnement puis la déportation au camp de Ravensbrück, dont elle sera libérée seize mois plus tard, en avril 1945. Après l'enfer de la déshumanisation, elle retrouvera peu à peu une santé physique et morale dans l'une des maisons d'accueil créées par Geneviève de Gaulle, nièce du Général.
Le texte est fort, percutant, bouleversant. Il est porté par une interprétation juste, sans effets inutiles, qui laisse toute la place à l'émotion.
/image%2F4633924%2F20260711%2Fob_710566_quaurionnous-62-96dpi.jpg)
Je me suis d'ailleurs posé une question : serais-je venue voir ce spectacle si l'on ne me l'avait pas conseillé ? Probablement pas. Non pas parce que le titre, l'affiche ou la présentation ne m'auraient pas convaincue, mais parce que j'aurais peut-être pensé : Encore cette guerre, encore les nazis, encore les camps... N'a-t-on pas déjà tout dit ?
Et pourtant...
Oui, ces sujets reviennent sans cesse. Oui, ils appartiennent à notre mémoire collective. Mais précisément parce qu'ils appartiennent à l'Histoire, nous ne pouvons choisir de les oublier. Chaque destin individuel éclaire la grande Histoire et nous rappelle le monde dont nous héritons.
Raconter la boue ne signifie pas nous y enliser. Au contraire. La boue conduit à l'herbe verte, l'horreur nous fait mesurer la valeur de la beauté, et l'indicible donne tout son sens à ce que l'on admire et que l'on veut préserver.
La mise en scène fait le choix de représenter Noëlla Rouget à deux âges de sa vie : la jeune femme qu'elle fut et celle qu'elle est devenue. Une idée simple et particulièrement efficace.
Tout, dans ce spectacle, tend vers la transmission. De la vie insouciante aux bouleversements de la guerre, de l'amour naissant à l'amour brisé, de la Résistance à la déportation, de la souffrance à la résilience, en passant par la solidarité et l'espérance, le spectateur parcourt un chemin de vie autant qu'un pan d'Histoire parfois méconnu.
Puis vient l'inimaginable.
/image%2F4633924%2F20260711%2Fob_79c137_noellarouget.jpg)
En 1965, après la condamnation à mort de celui qui avait dénoncé son réseau et provoqué l'exécution de son fiancé Adrien Tigeot, Noëlla Rouget demande au général de Gaulle de le gracier. Elle obtient gain de cause.
Elle ne cherche ni à oublier ni à excuser. Elle refuse simplement que la haine continue son œuvre.
Toute sa vie, elle portera ce message : « Résistez, luttez, désapprouvez... mais ne haïssez pas. »
Cette femme exceptionnelle nous oblige à réfléchir. Où se situe la frontière entre justice et vengeance ? Entre mémoire et pardon ? Entre haine et compassion ?
Vous ressortirez de cette représentation profondément émus. Les derniers instants du spectacle laissent des frissons durables et transmettent une idée essentielle, un précept de sagesse : répondre à la haine par la haine, c'est risquer de lui ressembler.
Il ne s'agit pas ici de pardon au sens où on l'entend souvent, mais de compassion. Celle qui n'efface ni les blessures ni les souvenirs, mais permet malgré tout de continuer à vivre, de retrouver une forme de paix et, peut-être, un peu de bonheur.
Qu'aurions-nous fait à sa place ?
Voilà une question qui continue longtemps d'accompagner le spectateur après le tomber de rideau.
/image%2F4633924%2F20250713%2Fob_2748e3_34871.gif)
Cath - L'Art de Cath
Chroniqueuse en toute Liberté
Une envie de Théâtre ? De chroniques ? Dernier onglet SORTIES
en haut du blog à droite, et sélectionnez la rubrique concernée !
Cliquez sur l'Oeil et retrouvez la sélection de Cath !
Théâtre Barretta • Place Saint Didier • 84000 AVIGNON