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Qui va là ?

  FRANCE 

Qui va là ?

Qui va là ? ... débute comme une prise d’otages insidieuse, fomentée par un individu égaré. Il débarque, s'impose en ce lieu, en l’occurrence la scène du Figuier pourpre (Maison de la poésie) à Avignon, où l’on n’est pas censé l’attendre.

Il arrive, s'y installe, squatte l’endroit et nos esprits de spectateurs, avec en filigrane, cette mère qui occupe quasiment la totalité de ses pensées, qu'il "trimbale" partout avec lui, jour et nuit, d'une manière ou d'une autre ; cette mère surprotectrice qui l'a accaparé, l’accapare encore,  qu'il fuit depuis longtemps, vivante puis morte, dont il ne se détache pas, même après l'incinération, la disparition physique complète, envolée, ... totale. Cette  mère possessive, aimée mais à qui il tente vainement d'échapper depuis bien longtemps, étant adolescent déjà.

Le père aussi reste présent, à qui il se rattache parfois, de façon plus ou moins inconsciente, parti depuis plus longtemps que lui, délaissant femme et enfant.

© PHOTO Figuier pourpre


Il ne restait alors que la fuite pour tenter d'échapper à cela. Si pour autant elle pouvait être la solution... Fuir ou mourir ? Car peut-on fuir son passé,  ses pensées, ses sentiments ? ... Essayer toutefois, tenter de s'y soustraire, pour un jour envisager enfin de se poser ... Mourir serait plus radical mais ce n'est pas son choix... Pas pour le moment, pas ici.

De notre côté, nous sommes bien au théâtre, et c'est une pièce qui commence. Il n'est pas question de fuir, nous sommes venus pour ça : mettre le doigt là où ça fait mal, pour peu que l'on en connaisse un peu l'histoire, une histoire dans laquelle le néant a succédé au trop plein, à l'emprise.

Ici sur cette scène, dans ce décor, Alexandre laisse libre cours à ses pensées, reconstitue son passé, relève des traces, des marques de ses passages ... Et peu à peu les souvenirs émergent ... et nous les partageons, en fonction de notre vécu, de nos situations, de la façon dont nous absorbons la société actuelle,  ses failles et ses faiblesses.

Toujours est-il que lorsqu'un acteur, Thierry de Pina, son personnage, Alexandre et un auteur, Emmanuel Darley, fusionnent, on se demande à juste titre qui va là ...

L'auteur du texte est parti trop tôt depuis plusieurs années déjà, il ne répondra pas. Quant à son adaptateur,  metteur en scène et acteur, le choix dans un premier temps d'arriver masqué est-il lié à son passé d'épidémiologiste ou à une volonté d'ancrer l'histoire dans la réalité, le présent ? Comment conservera t'il l'enseignement tiré de ce travail ?  ....

Je l'aurais rencontré,  il me l'aurait expliqué, ceci et d'autres choses .... Ce sera pour une prochaine fois sans doute, car après cette soirée,  il est certain que je le reverrai. Un tel jeu ne se manque pas. 

Cath Avignon  01/2022

 

Deux avis valent mieux qu'un !

 

Un décor dépouillé, une chaise, un éclairage mesuré, et Alexandre un sans domicile fixe s'empare de la scène en l'absence du comédien.

Au bout de quelques minutes de recherche, ne le trouvant pas, il commence à raconter sa vie, prend le public à parti. Il passe tour à tour du rire aux larmes, des larmes à la chanson, vous désarçonne. Notre existence quelquefois il faut en avoir conscience, ressemble à un train qui peut dérailler à tout moment, comme pour ces "voyageurs" dont il nous explique la vie, cette vie même qui est la nôtre ...

Une drôle de sensation s'installe dans l'échange :  il nous renvoie à nos propres craintes, à nos peurs, un mécanisme certes humain de protection, le bouclier habituel ... Une forme de confession, un parcours de vie un peu cabossé, la perte de sa mère, et la chute qui peut être celle de n'importe qui .

Mais qui sommes-nous donc pour juger et ne pas prendre conscience de l'existence et du quotidien : manger, dormir, se laver ... Une forme de survie ?

En discutant avec Thierry de Pina après sa prestation, j'ai été surpris de la différence qui existe entre l'être humain qu'il est dans la " vraie vie " et dans celle de son personnage.

C'est une véritable performance, que  de nous confronter à ce que l'on ne veut pas voir, réflexe d'égoïsme généralement lié à la peur.

Dans l'existence d'Alexandre, la rue et la survie sont essentielles , un constat de société dont il nous fait prendre conscience.

Thierry de Pina m'a gentiment expliqué comment il a pu faire exister cet S.D.F. touchant à fleur de peau, sensible et qu'une part importante de son  travail a été cette mise à nu. Cinq regards extérieurs lui on été nécessaires pour l'aider à faire les quelques ajustements indispensables à son jeu d'acteur. 

FRED

D’après Emmanuel Darley, mis en scène par Collectif Ah le Zèbre !

Théâtre Les Déchargeurs 

Les Mardis & Mercredis du 3 au 25 Mai 2022 à 21h

Durée 1h

LA BILLETTERIE

Attachée de Presse : Dominique LHOTTE

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DIFFUSION 4 DECEMBRE 2021 • R4/05

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